par Calvin Ford Cabèche
Le mouvement des jeunes qui a récemment renversé le pouvoir au Népal a été suivi de près à travers le monde, y compris en Haïti et dans les communautés haïtiennes à l’étranger. Une forte proportion d’Haïtiens demande à la population de suivre cet exemple pour sortir le pays de cette situation catastrophique qui dure depuis trop longtemps. Des changements sont nécessaires en Haïti, car il est inconcevable que des êtres humains vivent dans de telles conditions visibles de tous dans un monde éclairé et développé.
Avec un Conseil Présidentiel à la tête de l’État qui ne dirige pas réellement l’État, on peut considérer ce régime comme l’un des plus nuls, voire le plus nul, de toute l’histoire d’Haïti. Cependant, une question importante se pose : ce qui s’est passé au Népal est-il vraiment une révolution ou une révolte ? J’ai lu de nombreux commentaires et posts qui prêtent à confusion. Certes, la population haïtienne vit depuis des années des périodes de haute tension, d’émotion et de frustration, ce qui peut conduire à des opinions ou commentaires irréalistes. Cela se comprend, car il est difficile de produire des réflexions profondes dans les moments de troubles et d’insécurité.
À mon avis, il est difficile de qualifier ce qui s’est passé au Népal de révolution totale pour le moment. Une révolution implique généralement un changement profond et radical dans la structure politique, sociale ou économique d’une société, qui peut être violent ou pacifique, mais qui implique une rupture significative avec le passé. En revanche, une révolte est un mouvement de contestation ou de rébellion contre une autorité, un système ou une situation spécifique, qui peut être spontané ou organisé, mais qui est souvent limité dans son objectif et son champ d’action.
Cela étant dit, il est clair que le cas d’Haïti et celui du Népal sont différents à bien des égards. On peut prendre deux exemples : le Népal prouve qu’il existe une véritable élite dans le pays, et la jeunesse népalaise prouve qu’elle sait utiliser l’internet de manière plus intelligente que la jeunesse haïtienne, qui n’a pas encore démontré qu’elle comprend la dimension des outils qu’elle possède, je parle de ses smartphones ou tablettes. Avec cela, elle peut mener des combats sérieux, demander des réformes concrètes et même réaliser des révoltes, etc.
Le terrain politique haïtien est miné avec des gangs lourdement armés, et ce n’est pas un hasard, c’est juste pour éviter tout soulèvement qui peut aboutir à des arrestations de politiciens criminels, malhonnêtes et les oligarques. La meilleure chose que les Haïtiens doivent faire en ce moment, c’est le renvoi du Conseil Présidentiel et faire une révolution pacifique et éclairée après. On n’a pas besoin d’une révolte pour faire partir le Conseil Présidentiel, car leur échec est évident et leur présence est synonyme d’une situation de blocage qui empêche tout progrès significatif. Ils sont dans l’obligation de libérer le pays en permettant une transition démocratique.
Calvin Ford Cabèche

