Le Conseil des ministres, réuni ce mardi au Palais national, a adopté le projet de budget général de la République pour l’exercice 2025-2026, fixé à 345 milliards de gourdes. Ce budget mise sur une croissance du PIB de 0,3 % et une inflation contenue à 23,4 % d’ici fin de période, tout en affichant la volonté de renforcer la mobilisation des ressources domestiques.
Un budget centré sur les recettes internes
Près de 70 % des dépenses prévues seront couvertes par les recettes fiscales et douanières. Les recettes courantes devraient progresser de 12 % pour atteindre 243,5 milliards de gourdes, portées par la Direction générale des impôts (+11 %) et l’Administration générale des Douanes (+11,1 %).
Les recettes pétrolières, estimées à 34,9 milliards de gourdes, devraient croître de 16,8 %, alors que les dons et emprunts extérieurs devraient reculer de 10,9 %. Ce choix traduit, selon les analystes, une volonté du gouvernement de réduire la dépendance vis-à-vis des financements internationaux.
Dépenses publiques : priorité à la masse salariale et à la sécurité
Les dépenses totales devraient atteindre 345,5 milliards de gourdes, dont 213,5 milliards de dépenses courantes (+15,6 %) et 131,9 milliards d’investissements (-4,9 %). La masse salariale absorbe à elle seule 112 milliards, en raison notamment de l’intégration de 2 500 soldats et de quatre promotions de policiers.
Une enveloppe additionnelle de 15 milliards est prévue pour des secteurs jugés prioritaires :
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Éducation : 8,1 milliards de gourdes pour la construction et la réhabilitation d’écoles, les cantines scolaires et l’appui aux universités régionales. Le budget global du secteur éducatif atteint 59,1 milliards, incluant une contribution de 4 milliards du Fonds national de l’éducation.
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Sécurité : 2,5 milliards pour la Police nationale et 1,4 milliard pour les Forces armées, en plus d’un budget sectoriel de 43,6 milliards de gourdes destiné à la rémunération, à l’équipement et à la construction de commissariats et casernes.
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Élections : 2,83 milliards de gourdes pour le Conseil électoral provisoire, dans le cadre de la préparation des prochains scrutins.
Un effort particulier pour le processus électoral
Au total, le document budgétaire consacre 9,9 milliards de gourdes aux activités électorales, incluant un appui direct de 3 milliards de gourdes aux partis politiques. Le financement des élections bénéficiera également du Basket Fund, qui dispose de plus de 65 millions de dollars américains, déjà alimentés par le Trésor Public.
Un budget sous contraintes
Si ce budget traduit un effort d’autonomie financière et de réorientation des priorités vers la sécurité, l’éducation et la gouvernance démocratique, il devra toutefois composer avec des marges limitées : croissance faible, inflation persistante et dépendance aux recettes fiscales dans un contexte économique fragile.
Les prochains mois diront si ce pari de réalisme budgétaire peut s’accompagner d’un véritable impact sur la vie des ménages haïtiens et sur la stabilité institutionnelle.

