L’Afrique de l’Ouest et le Sahel traversent une zone de fortes turbulences. Coups d’État à répétition, poussée de l’extrémisme violent, fragilisation des États côtiers et crise humanitaire chronique composent un paysage politique de plus en plus instable. Ce qui paraissait autrefois circonscrit au Sahel gagne désormais des pays réputés plus résilients.
Du Bénin à la Guinée-Bissau, les signaux d’alerte se multiplient. Tentatives de putsch, transitions militaires et contestations électorales traduisent un malaise profond : institutions fragilisées, réformes perçues comme excluantes et défiance croissante des populations. Pour les Nations Unies, ces dérives sapent la légitimité de l’État et nourrissent un ressentiment exploitable par les fauteurs de troubles.
Parallèlement, le Sahel reste l’épicentre mondial de l’extrémisme violent. Au Mali, au Niger ou au Nigeria, groupes armés et réseaux criminels se confondent, étouffant les économies locales, fermant les écoles et poussant des millions de civils sur les routes de l’exil. Les États répondent par une militarisation accrue, souvent au détriment de l’éducation, de la santé et du développement.
Sur ce terrain miné, l’urgence humanitaire progresse, tandis que l’aide internationale peine à suivre. Malgré une croissance économique relative, pauvreté, chômage et violations des droits humains alimentent un cercle vicieux.
À la croisée des chemins, la région joue gros. Sans gouvernance inclusive, dialogue politique crédible et investissements sociaux durables, l’ordre constitutionnel restera fragile, exposé aux vents contraires de l’instabilité.

