Dans sa tribune de fin d’année, l’ambassadeur américain Dennis B. Wooster dresse le bilan d’un pays meurtri mais debout. 2025, reconnaît-il, aura été une année d’épreuves extrêmes pour Haïti, marquée par l’insécurité, les déplacements forcés et l’incertitude politique. Mais le diplomate choisit un angle résolument volontariste : celui d’une nation résiliente, capable de victoires symboliques et de sursauts institutionnels.
La qualification historique de la sélection haïtienne au Mondial 2026 et l’inscription du konpa au patrimoine immatériel de l’UNESCO servent de contrepoints lumineux à la violence des gangs. Ces succès, souligne Wooster, rappellent qu’Haïti ne se réduit pas à ses crises, mais demeure un creuset culturel et humain d’exception.
Sur le terrain sécuritaire, le discours se veut ferme. Soutien appuyé à la PNH, appui logistique et politique des États-Unis, et surtout aval du Conseil de sécurité de l’ONU pour le déploiement d’une force internationale de répression des gangs : Washington revendique un rôle moteur dans la stabilisation du pays. Les sanctions et arrestations visant les réseaux alimentant le chaos sont présentées comme le signal d’une fin annoncée de l’impunité.
Reste l’enjeu central : le politique. La publication du décret électoral est saluée comme un pas décisif vers le retour à l’ordre constitutionnel. Mais derrière l’optimisme diplomatique, une question persiste : Haïti saura-t-elle transformer cette convergence internationale en élections crédibles et en souveraineté retrouvée ?
Entre promesses et attentes, l’année à venir s’annonce décisive.

