En Jordanie, le crayon d’Omar Abdallat dépasse largement le cadre du dessin satirique. Pour cet artiste et militant installé à Amman, la caricature est à la fois un outil de réflexion, un acte citoyen et un pont entre les peuples. Depuis des années, il met son art au service des droits humains, de la tolérance et du dialogue social.
À travers son initiative Free Pen, Omar Abdallat anime des ateliers de caricature destinés aux jeunes, notamment au sein de communautés touchées par le déplacement et les crises. L’objectif : offrir un espace sûr où le dessin devient un moyen d’expression, de reconstruction et de prise de parole. « Nous ne faisons pas que dessiner, nous aidons les enfants à se réapproprier leur histoire », résume-t-il.
Autodidacte, Abdallat s’est fait connaître en partageant ses œuvres en ligne, découvrant rapidement que la caricature parle à tous, au-delà des frontières et des langues. Simplicité du trait, force du message : ses dessins abordent le pouvoir, la domination, la loyauté aveugle et l’absence d’alternance politique, souvent à travers des métaphores percutantes.
Son engagement lui a valu des collaborations avec l’UNESCO contre les discours de haine et le Prix du Sommet sur l’entrepreneuriat social du PNUD en 2021. Malgré les risques liés à l’exercice de la satire au Moyen-Orient, il persiste, convaincu que l’art peut guérir et rassembler.
Pour Omar Abdallat, chaque caricature est une invitation à croire en une humanité commune. « Quand l’obscurité s’installe, le soleil continue de se lever », dit-il. Un message d’espoir, tracé à l’encre noire.


