Après des semaines d’échanges virulents par réseaux sociaux interposés, Donald Trump et son homologue colombien, le président de gauche Gustavo Petro, ont semblé mardi enterrer la hache de guerre à l’issue de leur première rencontre à la Maison-Blanche, qualifiée de « bonne » par les deux dirigeants.
« Oui, nous avons travaillé dessus et nous nous sommes très bien entendus […]. Nous avons eu une très bonne rencontre », a déclaré le président américain à la presse, interrogé sur un éventuel accord concernant la lutte contre le trafic de drogue. Il a également affirmé que les discussions avaient porté sur « les sanctions ».
Donald Trump a à plusieurs reprises accusé Gustavo Petro d’implication dans le narcotrafic, sans fournir de preuves, allant jusqu’à imposer des sanctions financières visant le président colombien et des membres de sa famille.
De son côté, Gustavo Petro a qualifié la réunion de « positive », affirmant avoir échangé avec son homologue « entre hommes libres », autour de « problèmes concrets » et d’« un chemin commun ».
Le président colombien a aussi indiqué avoir demandé à Donald Trump de jouer un rôle de médiateur dans la crise diplomatique qui l’oppose au président équatorien Daniel Noboa, proche allié de Washington dans la région. Une demande que le président américain aurait acceptée, selon M. Petro.
S’agissant du narcotrafic, le chef de l’État colombien a insisté sur la nécessité de cibler les véritables responsables. « Les principaux barons de la drogue ne sont pas en Colombie. Ils vivent à Dubaï, à Miami, à Madrid. J’ai transmis leurs noms au président Trump. Il faut les traquer là où ils se trouvent », a-t-il déclaré.
La rencontre s’est déroulée à huis clos, sans la présence de journalistes dans le bureau Ovale, un choix inhabituel pour Donald Trump. La Maison-Blanche s’est limitée à publier quelques photos, tandis que la présidence colombienne diffusait plusieurs clichés, dont une poignée de main symbolique entre les deux dirigeants.
Le vice-président américain J.D. Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio ont pris part aux échanges, ainsi que les ministres colombiens de la Défense et des Affaires étrangères.
Cette entrevue marque un net apaisement après les tensions provoquées par une opération militaire américaine au Venezuela, début janvier, qui avait conduit Gustavo Petro à adopter un ton très offensif à l’égard de Washington. Depuis un premier échange téléphonique le 7 janvier, le climat diplomatique s’est progressivement détendu.
Bogota a récemment multiplié les gestes de bonne volonté, annonçant notamment la reprise des vols d’expulsion de migrants depuis les États-Unis après huit mois de suspension.
La lutte contre la cocaïne reste néanmoins au cœur des divergences. Si Washington s’est longtemps appuyé sur la Colombie pour combattre le narcotrafic, la production et les exportations ont augmenté depuis l’arrivée au pouvoir de Gustavo Petro. En 2025, les États-Unis ont d’ailleurs retiré la Colombie de la liste de leurs alliés dans la lutte antidrogue.

