La crise politique haïtienne s’est encore aggravée avec la dissolution, samedi, du Conseil présidentiel de transition, incapable de rétablir l’ordre face à l’emprise croissante des gangs. Le pays se retrouve désormais sous la direction exclusive du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dans un contexte d’extrême instabilité.
Haïti est sans président depuis près de cinq ans et n’a pas organisé d’élections depuis 2016. Le Conseil de transition, mis en place avec l’appui des États-Unis, devait conduire le pays vers des élections et restaurer la stabilité, mais a été miné par des luttes internes et des accusations de corruption.
Washington et les Nations unies poussent désormais le premier ministre à rester en fonction, malgré les critiques de certains anciens membres du Conseil qui l’accusaient d’inaction face aux gangs. En réaction à leurs tentatives de destitution, l’administration américaine a révoqué les visas de plusieurs responsables haïtiens, dénonçant des manœuvres visant à interférer dans le processus politique.
Sur le terrain, la situation sécuritaire demeure dramatique. Selon l’ONU, plus de 16 000 personnes ont été tuées depuis 2022 dans des violences liées aux gangs, tandis que plus d’un million d’Haïtiens ont été déplacés. Malgré l’appui d’une force multinationale, les perspectives d’élections prévues en août apparaissent de plus en plus incertaines.

