À Rio de Janeiro, le carnaval s’est teinté de politique dimanche soir lorsque le président Luiz Inácio Lula da Silva a été célébré par une parade spectaculaire au Sambodrome. Une statue géante à son effigie, chars thématiques et milliers de danseurs ont retracé son parcours, de son enfance pauvre dans le Nordeste à son ascension syndicale et politique, dans une mise en scène signée par l’école de samba Acadêmicos de Niterói.
Présent en tribune aux côtés du maire Eduardo Paes, le chef de l’État, candidat à sa réélection, a savouré le spectacle tandis que ses partisans chantaient des slogans à sa gloire. L’hommage, inédit pour un président en exercice, a toutefois suscité l’ire de l’opposition, qui y voit une opération de campagne déguisée.
Le camp conservateur, lié à l’ex-président Jair Bolsonaro, dont le fils Flavio Bolsonaro est en lice, dénonce une confusion entre fête populaire et stratégie électorale. Saisi, le Tribunal supérieur électoral a refusé d’annuler le défilé, tout en se réservant le droit d’examiner d’éventuelles infractions.
Pour apaiser les tensions, le Parti des travailleurs a demandé à ses militants d’éviter tout message partisan. Mais dans un pays profondément divisé, la parade illustre combien la politique brésilienne s’invite désormais jusque dans la plus grande fête populaire du pays.

