0L’AVENIR INCERTAIN DE L’ÉCOLE EN HAÏTI
Face à la crise actuelle et à l’état de détresse nationale, la question cruciale se pose : quand finira ce cauchemar ? Les écoles, au cœur de ce désastre sécuritaire, jouent un rôle vital en offrant une éducation formelle englobant divers domaines tels que les mathématiques, les sciences, les langues et les sciences sociales, avec pour mission de transmettre et de développer les compétences académiques, sociales et professionnelles des élèves.
En Haïti, de nombreuses écoles privées et publiques restent fermées pendant des années. D’autres luttent pour subsister, incapables d’entamer une nouvelle année académique. Des exemples poignants incluent le lycée Marie-Jeanne, le lycée du Cent Cinquantenaire, le lycée de Carrefour-feuille, le lycée Fritz Pierre-Louis, le lycée Jean Jacques Dessalines, le lycée National la Saline, le lycée Daniel Fignolé, l’École Nationale Colbert Lochard, l’École Nationale République du Chili, l’École Nationale République du Brésil, l’École Nationale République du Paraguay.
Ces établissements scolaires, autrefois des bastions de formation, sont maintenant traités en parent pauvre, confrontés à des conditions déplorables. Leurs espaces, habités par des riverains fuyant l’insécurité, sont devenus des endroits négligés et lugubres, avec des murs décrépits, des toitures trouées, des toilettes nauséabondes, et un sol couvert d’une couche de saleté tenace, témoin de l’usure et de la négligence.
Ces lycées fonctionnaient avec des matériels désuets, caractérisés par des bancs délabrés, des pupitres instables, des tableaux utilisés et des installations sanitaires indescriptibles. La situation s’aggrave davantage, les bancs, les chaises, les classeurs et les bureaux sont éparpillés dans les cours en raison de la traque incessante des citoyens paisibles par des groupes armés, forçant ceux qui habitent encore leurs lieux de résidence à chercher refuge, même dans ces bâtiments sinistres, structurellement inadaptés et dépourvus de moyens.
À cause de ce phénomène d’insécurité criant, inquiétant et aggravant, l’exode de nombreux élèves, étudiants, enseignants et professionnels hors du pays soulève la question de la validité du proverbe « tant vaut l’école tant vaut la nation » en Haïti. Chaque centime dépensé de manière irresponsable par les dirigeants augmente le fardeau du peuple, remettant en question la contribution de l’école à la formation de citoyens responsables.
La fuite des hommes, des femmes de bonne volonté et le désir d’apprendre teinté de crainte chez les élèves du pays soulignent des préoccupations profondes quant à l’avenir éducatif. Alors que l’école instruit, la question persiste : qui prend en charge la formation des citoyens?
Jean Maudrel

