En l’espace de 35 secondes, des dégâts considérables ont été infligés, coûtant la vie à 230 000 personnes et la capitale, dévastée à 25%. « Goudougoudou » a été la pire catastrophe naturelle de l’histoire du pays, laissant des séquelles profondes sur les plans social, politique et économique.
Le 12 janvier 2010, après une première secousse, une série de douze secousses majeures a suivi. Au total, plus de 50 répliques d’une magnitude égale ou supérieure à 4,58 ont été enregistrées. Ces secousses ont contraint des milliers d’Haïtiens de Port-au-Prince, Gressier, Léogâne, Petit-Goâve, Grand-Goâve et Jacmel à passer plusieurs nuits en plein air.
Le bilan du séisme, évalué six mois plus tard par l’ONU, était accablant : 222 570 morts, 300 000 blessés et 2 300 000 personnes déplacées. Il s’inscrit parmi les trois séismes les plus meurtriers de l’histoire de l’humanité, aux côtés des tragédies de Tangshan en Chine (juillet 1976, probablement 750 000 morts) et de Sumatra (séisme et tsunami de décembre 2004, probablement 226 000 morts).
L’identification des victimes s’est révélée complexe, et le nombre exact de décès reste incertain. Les morgues et les cimetières n’avaient pas suffisamment d’espace pour faire face à une telle tragédie. Les équipes de secours du monde entier ont afflué, renforçant les efforts des Haïtiens qui, avec des ressources limitées, ont réussi à sauver des centaines de rescapés des décombres.
Le séisme a également frappé les institutions et les structures de l’État haïtien. En trois jours, l’état d’urgence a été déclaré pour un mois. Des personnalités éminentes ont perdu la vie, dont Mgr Serge Miot, Georges Anglade, Mireille Neptune, Micha Gaillard, Hubert Deronceray, le professeur Pierre Vernet, et bien d’autres. Les symboles de l’État haïtien, tels que le Palais National, la Primature, le Parlement, le Palais de Justice, ont été détruits ou gravement endommagés, tout comme de nombreuses églises, écoles, hôpitaux, médias et entreprises.
En province, le séisme a causé des dégâts aux bâtiments publics, aux maisons privées, aux canaux d’irrigation et aux zones agricoles. Environ 600 000 personnes ont fui la capitale pour se réfugier en région.
Gros dégâts, petites améliorations
Le monde a réagi avec une générosité sans précédent, promettant plus de 1,2 milliard de dollars en janvier, puis 9,9 milliards de dollars en novembre 2010 pour la reconstruction. Cependant, après plus de 11 milliards de dollars dépensés officiellement, Haïti demeure pauvre. Les ONG, malgré leurs nombreuses promesses, n’ont pas réussi à aider l’État à répondre à ses responsabilités. Malgré les sommes colossales collectées, la plupart des victimes n’ont pas connu d’améliorations significatives.
La Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), co-présidée par Bill Clinton, est critiquée pour n’avoir versé que 10% des fonds promis. Les ONG internationales, quant à elles, sont accusées de travailler de manière chaotique et inefficace, détournant parfois l’argent collecté.
Ce séisme rappelle les précédents tremblements de terre qui ont frappé Haïti, notamment en 1751, 1770, 1842, 1887 et 1904. Plus récemment, le 14 août 2021, un autre séisme de magnitude 7,2 a frappé le Grand Sud, aggravant une situation déjà difficile après les ravages de l’ouragan Matthew en 2016. Haïti, malgré ces épreuves répétées, continue de se battre pour se relever.
Ainsi, la question demeure : qui est responsable de la lenteur et de l’inefficacité de la reconstruction après le Goudougoudou de 2010 ? La réponse se trouve probablement entre les promesses non tenues de la CIRH et les actions parfois défaillantes des ONG internationales. Haïti, bien que confronté à des défis continus, reste un exemple frappant de la nécessité de la transparence et de la responsabilité dans la gestion des catastrophes naturelles.

