L’effervescence régnait dans les rues de la capitale haïtienne ce vendredi après-midi du 22 janvier 1965, en anticipation de l’arrivée imminente du Clipper Jet Haiti. Dès 10 heures du matin, des foules se formaient, prêtes parfois à entreprendre les 5 kilomètres de marche depuis la capitale jusqu’à Maïs Gâté, ou les automobilistes anxieux d’éviter les embouteillages pour s’assurer une place privilégiée.
À 12h50, le Clipper Jet Haiti, apparut dans le ciel, déclenchant l’enthousiasme de la foule qui attendait. Le vol survola la capitale avant de se poser avec précision à 1 h PM sur la piste nouvellement inaugurée. L’avion, emblème de la modernité, roula sur le taxiway et s’immobilisa fièrement devant la tribune présidentielle, où étaient installés le président François Duvalier, sa famille et des officiels du gouvernement haïtien.
Le Clipper Jet reprit le chemin du retour, quelques minutes après le discours du président Duvalier, provoquant une agitation dans la foule tandis que les puissants réacteurs soulevaient un nuage de poussière.
Défis et résilience
Pendant l’occupation américaine en Haïti, le Corps des Marines des États-Unis a déployé des unités d’observation aérienne utilisant des avions HS-1 et HS-2 sur ce qui est devenu plus tard le Bowen Field (couramment appelé Aéroport Chancerelles).
En 1942, le Corps des Marines des États-Unis a été envoyé en Haïti pour construire une installation destinée à entretenir les avions Douglas O-38 utilisés par le Corps aérien haïtien pour observer l’activité allemande nazie dans la région. Le Corps des Marines des États-Unis a construit le Bowen Field (également appelé Aéroport Chancerelles, ou Piste Aviation), un petit aéroport civil et militaire qui a été utilisé par le Corps aérien haïtien pour des services postaux en 1943 et des services passagers en 1944, puis repris par la Compagnie haïtienne de transports aériens (Cohata) à partir de 1961. Dans les années 1950 et 1960, il a servi de base aérienne pour les forces armées américaines en Haïti.
L’aéroport actuel, situé plus au nord-est de Bowen Field, a été développé avec des fonds accordés par le gouvernement américain et principalement avec de l’argent collecté auprès du peuple haïtien (taxes, loterie, etc.)..
Au fil des décennies, l’aéroport de Maïs Gâté a évolué, portant successivement les noms de François Duvalier International Airport, Port-au-Prince International Airport, et enfin, Toussaint Louverture International Airport en 2003, sous l’administration du président Aristide, en hommage au leader de la Révolution haïtienne.
L’histoire de l’aéroport n’a pas été exempte de défis, notamment avec les dommages causés par le séisme de 2010. Cependant, en novembre 2012, le président Martelly a inauguré le terminal d’arrivée fraîchement rénové.

