Le Kenya nloque le déploiement de policiers en Haïti : Une mission jugée illégale par la justice
Un tribunal kényan a statué vendredi que la décision du gouvernement de déployer un millier de policiers en Haïti était « inconstitutionnelle, illégale et invalide ». Le déploiement de cette force multinationale, soutenue par l’ONU pour contrer la violence des gangs en Haïti, a été bloqué, représentant un revers significatif dans les efforts pour contenir le chaos croissant dans ce pays caribéen.
Le gouvernement kényan avait accepté en juillet de mener cette force, composée de 2500 à 2600 hommes, en réponse aux appels du gouvernement haïtien et de l’ONU. Cependant, des contestations internes ont émergé, et un opposant a saisi la Haute Cour de Nairobi, arguant que la mission était inconstitutionnelle, dépourvue de fondement légal.
Le juge Enock Chacha Mwita a statué que le Conseil national de sécurité n’avait pas le mandat pour déployer des agents de la police nationale en dehors du Kenya, qualifiant cette décision d’inconstitutionnelle, illégale et invalide. Bien que le gouvernement puisse faire appel, l’opposant Ekuru Aukot a salué la décision et a déclaré qu’ils iraient jusqu’à la Cour suprême si nécessaire.
Le ministre haïtien des Affaires étrangères a réitéré jeudi l’urgence d’un renfort sur l’île, soulignant la menace persistante des gangs. Les préparatifs de la force, dont les détails restent à finaliser, étaient en cours. Certains critiques avaient mis en garde contre les risques d’exposer les policiers à des gangs locaux bien armés, qualifiant le déploiement de « mission suicide ». Le président kényan, William Ruto, soutenait pourtant cette mission comme une intervention humanitaire dans un pays qu’il considère ravagé par le colonialisme.

