Le gouvernement haïtien a formellement demandé au Kenya de mettre en place un accord bilatéral de sécurité, visant à déployer 1 000 agents de police de cette nation d’Afrique de l’Est. Cette initiative vise à sauver la mission de soutien sécuritaire multinational (MMSS), récemment remise en question par une décision de justice à Nairobi. Un représentant du gouvernement haïtien, ne pouvant divulguer de détails, a confirmé cette requête au Miami Herald.
Le président kényan, William Ruto, a confirmé lors d’une interview avec Reuters que son gouvernement travaille sur la mise en place d’un « accord réciproque » avec le gouvernement haïtien. La semaine dernière, la Haute Cour de Nairobi a bloqué le déploiement des policiers kenyans en Haïti, invoquant l’absence d’un « accord réciproque » entre les deux nations. Les États sans un tel arrangement ne peuvent recevoir de policiers kenyans, a déclaré le juge Enock Chacha Mwita. Cependant, le déploiement de la force armée kenyane à l’étranger reste possible.
L’opposition au Kenya, dirigée par Raila Odinga et regroupée dans la coalition Azimio, a vivement critiqué le soutien du gouvernement américain au déploiement des forces de police kényanes en Haïti, malgré le blocage de la Haute Cour la semaine dernière. Les leaders de l’opposition accusent l’administration Biden de s’immiscer dans les affaires du pays et de ne pas respecter l’État de droit kényan.
Contre les intérêts étrangers
Martha Karua, co-principale de la coalition Azimio, a déclaré lors d’une conférence de presse que « sur la décision du déploiement de la police en Haïti, nous espérons que tous respecteront la cour et que tous les intérêts étrangers respecteront notre affaire nationale. » Elle a également appelé les intérêts étrangers à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures du Kenya.
Malgré cette controverse internationale, le département d’État américain a réaffirmé son soutien aux efforts internationaux visant à déployer une mission de soutien sécuritaire multinational (MMSS) en Haïti. Le porte-parole du département d’État, Mathew Miller, a déclaré que leur engagement envers le peuple haïtien demeure inébranlable, appelant la communauté internationale à apporter un soutien urgent à la mission.
Le communiqué du département d’État a également pris acte de la décision de la Haute Cour kényane et de l’intention du gouvernement kényan de contester cette décision. Il a souligné l’importance pour la communauté internationale de réagir aux niveaux sans précédent de violence des gangs en Haïti, tout en appelant à la restauration de l’ordre démocratique par un processus politique inclusif dans le pays.

