Haïti, le Kenya et les États-Unis avancent dans la planification d’une mission de sécurité internationale pour contrer les gangs criminels en Haïti. La réunion, qualifiée d’«une discussion de niveau d’entrée» par un responsable de l’administration Biden, ne fournit toujours pas de date de déploiement, la mission manquant de financement international et d’approbation judiciaire au Kenya.
Le mois dernier, une cour kényane a jugé anticonstitutionnel le déploiement de 1 000 policiers kényans en Haïti en l’absence d’un accord de partage de police entre les deux pays. Le gouvernement kényan a annoncé son intention de faire appel, soulignant la nécessité de résoudre les préoccupations de la cour.
En parallèle, la délégation haïtienne a signé un mémorandum de coopération avec les enquêtes de sécurité intérieure des États-Unis pour établir une unité d’enquête criminelle transnationale en Haïti. Ces développements surviennent alors que la situation sécuritaire en Haïti devient de plus en plus chaotique, avec plus de 3 400 personnes tuées, kidnappées ou blessées au cours des quatre derniers mois, et le pays en proie à une violence croissante.
L’ONU rapporte que la violence affecte particulièrement les enfants, avec plus de 170 000 enfants parmi les 313 000 personnes déplacées en Haïti. L’UNICEF demande 222 millions de dollars pour faire face à la crise humanitaire et souligne que la violence contre les enfants constitue une grave violation des droits de l’homme. La mission internationale, approuvée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, est estimée entre 515 et 600 millions de dollars, mais peine à trouver des financements. En attendant, les États-Unis envoient du matériel en Haïti pour soutenir la mission et appellent les dirigeants haïtiens à travailler vers la stabilité démocratique.

