Le débat de jeudi soir, le plus précoce de l’histoire moderne des États-Unis, devait permettre à Joe Biden de rassurer sur sa forme physique et mentale. Malheureusement pour le camp démocrate, le président de 81 ans n’a pas réussi à dissiper les doutes. Ses hésitations, ses pauses inconfortables et son élocution parfois difficile à comprendre ont alarmé ses partisans. « Je ne suis pas le seul dont le cœur se brise en ce moment », a déclaré l’ancienne sénatrice démocrate Claire McCaskill sur MSNBC.
Face à lui, Donald Trump a livré une performance plus disciplinée et agile que lors de son premier débat en 2020. Malgré des affirmations souvent non étayées par les faits, l’ancien président a réussi à esquiver habilement les attaques de son adversaire, notamment sur des sujets sensibles comme l’avortement ou l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021.
Des Démocrates en panique, un parti divisé
La performance décevante de Biden a provoqué une véritable onde de choc au sein du Parti démocrate. Certains responsables commencent à évoquer ouvertement la possibilité de remplacer le président comme candidat du parti. Ravi Gupta, ancien collaborateur de la campagne d’Obama, a même qualifié la candidature de Biden de « mission suicide » sur les réseaux sociaux.
Cependant, les règles actuelles du Parti démocrate rendent difficile, voire impossible, un changement de candidat sans la coopération de Biden lui-même. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a appelé les démocrates à ne pas céder à la panique : « On ne fait pas marche arrière à cause d’une seule performance. Quel genre de parti ferait cela ? »
Malgré ces appels au calme, l’inquiétude reste palpable. Les prochaines semaines seront cruciales pour l’équipe de campagne de Biden, qui devra trouver les moyens de rassurer son parti et les électeurs avant le prochain débat prévu dans 75 jours. La convention démocrate d’août pourrait être l’occasion de présenter une vision plus structurée d’un second mandat Biden, mais d’ici là, de nombreux démocrates s’interrogent sur les chances réelles de leur candidat face à Trump en novembre.

