Dans une lettre incisive adressée au Premier ministre Garry Conille, l’avocat Me Sonet Saint-Louis a vigoureusement contesté la révocation de son client, Raoul Pascal Pierre-Louis, de son poste de directeur général de la Banque nationale de crédit (BNC). Cette décision, qu’il qualifie d’illégale et d’injustifiée, soulève de sérieuses questions quant à la gestion de cette importante institution financière d’État.
Une décision jugée illégale
Me Saint-Louis dénonce la mise en place d’un comité pour gérer la BNC, une institution qui, selon lui, n’est pas en situation de faillite ou de crise majeure justifiant une telle intervention. « La constitution d’un comité de gestion pour une banque qui fonctionne normalement est non seulement inhabituelle, mais également illégale », affirme l’homme de loi. Il rappelle que la révocation de M. Pierre-Louis, effectuée par une simple lettre, constitue une violation grave des procédures normatives en vigueur.
Un rappel des procédures ignorées
L’avocat souligne également que son client, Raoul Pascal Pierre-Louis, avait été nommé par arrêté présidentiel, une procédure formelle qui ne peut être annulée sans suivre un processus légal rigoureux. « Révoquer un directeur général nommé par arrêté présidentiel exige une procédure tout aussi formelle et respectueuse des normes établies », insiste Me Saint-Louis dans sa correspondance. Selon lui, cette révocation, opérée sans respect des règles, crée un précédent dangereux pour la stabilité des institutions publiques en Haïti.
Les implications pour la BNC et l’État haïtien
Cette affaire met en lumière les tensions au sein de l’administration haïtienne et soulève des interrogations sur les motivations réelles derrière la révocation de M. Pierre-Louis. La BNC, en tant que pilier du secteur bancaire public, joue un rôle majeur dans l’économie du pays. La manière dont cette situation sera résolue pourrait avoir des répercussions importantes non seulement pour la banque, mais aussi pour la confiance du public dans la gestion des institutions financières d’État.
Un appel à la révision de la décision
Me Sonet Saint-Louis appelle le Premier ministre Garry Conille à reconsidérer cette décision, arguant qu’elle porte atteinte non seulement aux droits de son client, mais aussi à l’intégrité institutionnelle de la BNC. Il exhorte les autorités à suivre les procédures légales et à garantir que toute décision concernant des nominations ou des révocations à des postes de responsabilité publique soit prise dans le respect strict de la loi.

