Médecins Sans Frontières (MSF) a décidé de reprendre partiellement ses activités médicales dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince après 22 jours de suspension. Cette mesure, prise le 20 novembre 2024, avait été rendue nécessaire en raison de graves menaces et violences visant son personnel et ses patients. Parmi les incidents les plus marquants, une ambulance de MSF avait été attaquée le 11 novembre, provoquant l’exécution de deux patients et l’agression de membres du personnel médical. D’autres actes, incluant des menaces de mort et de viol proférées par des policiers, avaient suivi, exacerbant une situation déjà critique.
Malgré des engagements récents des autorités visant à garantir le respect des équipes et des infrastructures de MSF, la situation demeure tendue. « Nous continuons à travailler sans relâche pour garantir les conditions minimales de sécurité nécessaires à une reprise complète. Cependant, notre capacité à maintenir nos activités reste incertaine », a déclaré Jean-Marc Biquet, chef de mission de MSF.
Activités médicales partiellement rétablies
La reprise concerne les hôpitaux situés à Tabarre, Carrefour, Cité Soleil et la clinique Pran Men’m. En revanche, le centre d’urgence de Turgeau reste fermé en raison de l’impossibilité de garantir des transferts sécurisés des patients entre les différentes structures. Le transport en ambulance, essentiel pour la prise en charge rapide des urgences, demeure également suspendu, reflétant les risques toujours présents lors des déplacements dans la capitale.
Suspendre les activités, même temporairement, a été une décision difficile pour MSF, compte tenu des immenses besoins médicaux dans une ville où la violence est omniprésente. Port-au-Prince est confrontée à une crise humanitaire aiguë, marquée par des milliers de déplacements de population et un système de santé débordé. Les rares structures publiques et privées encore fonctionnelles peinent à répondre à la demande croissante.
Un appel à la responsabilité
Face à cette situation critique, MSF réitère son appel à toutes les parties en présence pour respecter ses équipes, ses patients et ses infrastructures médicales. Ces garanties sont indispensables pour permettre une continuité des soins dans une ville où l’accès à des services de santé de base est devenu un privilège rare.
Les violences ciblant directement MSF en Haïti sont une entrave majeure à son mandat humanitaire. Pour beaucoup d’habitants de Port-au-Prince, ces hôpitaux représentent le dernier rempart face à des maladies, blessures et infections souvent laissées sans traitement dans un contexte de crise.

