Le 9 janvier 2025, la DCPJ a procédé à l’interpellation de Magalie Habitant, ex-directrice du SNGRS, et de son chauffeur Lenès Jean Philippe, dans la zone de Thomassin. Ils sont soupçonnés d’appartenir à la coalition criminelle « Viv Ansanm ». Détenus illégalement pendant plus de trois mois sans être présentés à un juge, leur cas a suscité indignation et spéculations. L’absence de communication officielle de la DCPJ et du parquet n’a fait qu’amplifier les doutes.
Le 10 avril, la DCPJ a finalement déféré 22 personnes, dont Habitant, au parquet de Port-au-Prince, pour des accusations très graves : complicité d’assassinat, enlèvements, trafic d’armes, séquestrations, incendies criminels, association de malfaiteurs. Parmi les coaccusés figurent des ex-parlementaires, des cadres de l’administration publique, et des policiers. La justice est également invitée à émettre des mandats contre des figures connues du banditisme comme Jimmy Chérizier alias « Barbecue ».
Les éléments à charge sont accablants : appels téléphoniques avec des chefs de gang, échanges WhatsApp évoquant l’achat de munitions, transferts d’argent via Mon Cash pour les groupes armés, intermédiation entre gangs et personnalités publiques. Magalie Habitant a même reconnu avoir versé un million de gourdes à des ravisseurs pour libérer des Dominicains enlevés.
Le directeur de la CAS, Elionor Devallon, est accusé d’avoir détourné des fonds publics destinés aux plus vulnérables. Vingt-huit chèques, pour un montant total de près de 1,3 million de gourdes, auraient été encaissés par lui-même, tandis que d’autres bénéficiaires recevaient à peine 1 500 gourdes.
Des policiers sont également impliqués dans des trafics d’armes, et certains seraient liés à des groupes criminels responsables d’assassinats. Cette affaire dévoile l’ampleur de la collusion entre institutions publiques et réseaux criminels. La société haïtienne attend que justice soit enfin rendue.

