Un juge fédéral de Brooklyn a rejeté mardi la tentative de l’administration Trump de révoquer prématurément le Statut de protection temporaire (TPS) accordé à environ 521 000 Haïtiens vivant aux États-Unis. Cette décision représente une victoire majeure pour les défenseurs des droits des immigrés et un obstacle juridique de taille pour la nouvelle offensive migratoire de Donald Trump.
Le juge Brian Cogan a estimé que la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait agi de manière « illégale » en contournant les procédures prévues par le Congrès. En février dernier, Noem avait annulé l’extension du TPS accordée par le président Biden jusqu’au 3 février 2026, fixant une nouvelle date de fin au 3 août, puis repoussée au 2 septembre. Cogan a jugé que cette décision violait les dispositions légales encadrant les statuts humanitaires.
« Les intérêts des bénéficiaires haïtiens à vivre et travailler aux États-Unis l’emportent largement sur les préjudices potentiels au gouvernement », a-t-il écrit, soulignant que l’administration peut toujours mettre fin au TPS, mais uniquement en respectant la loi.
Le DHS a indiqué vouloir faire appel, accusant le juge de miner les prérogatives présidentielles. Pour les organisations plaignantes, dont un syndicat et plusieurs églises, la suspension anticipée du TPS constitue une menace grave pour des familles vulnérables, dans un contexte où Haïti est ravagé par la violence et l’instabilité.

