Tatouages : quand l’esthétique interroge le système immunitaire
Longtemps perçu comme un simple choix esthétique, le tatouage pourrait avoir des effets bien plus profonds sur la santé. Des scientifiques suisses alertent désormais sur son impact potentiel sur le système immunitaire. Une étude menée par l’Institut de recherche en biomédecine de l’Università della Svizzera italiana, publiée dans la revue PNAS, s’est penchée sur la toxicité des encres les plus utilisées — noire, rouge et verte — et leurs interactions avec les défenses de l’organisme.
Les chercheurs révèlent que l’encre ne reste pas confinée à la peau. Elle migre dans le corps et s’accumule notamment dans les ganglions lymphatiques, où elle peut persister pendant des années. Incapables de digérer les pigments, les macrophages, cellules clés de l’immunité, entrent en apoptose, déclenchant une inflammation chronique susceptible d’affaiblir les défenses naturelles. Les réactions les plus marquées ont été observées avec les encres noire et rouge.
Chez des souris tatouées, les scientifiques ont constaté une réponse affaiblie aux vaccins contre la COVID-19, bien que la réaction à un vaccin antigrippal ait, paradoxalement, été renforcée. Des résultats encore préliminaires, qui devront être confirmés chez l’humain.
Alors que jusqu’à 40 % des adultes de moins de 40 ans sont tatoués en Europe et aux États-Unis, ces travaux relancent le débat sur la sécurité sanitaire d’une pratique en pleine expansion. Un enjeu de santé publique désormais impossible à ignorer.

