La crise haïtienne s’enracine et s’aggrave. Gangrénée par la violence des groupes armés, paralysée politiquement et asphyxiée économiquement, Haïti voit 1,4 million de personnes – soit 12 % de sa population – déplacées à l’intérieur du pays. La moitié des habitants ne mange pas à sa faim. Les enfants paient le prix fort.
Selon l’ONU, six millions d’Haïtiens auront besoin d’une aide humanitaire en 2026. Le Plan de réponse réclame 880 millions de dollars pour assister 4,2 millions de personnes. Mais début février, moins de 4 % des fonds étaient réunis.
Faute de moyens, les agences réduisent les distributions alimentaires, l’accès à l’eau potable, les soins de santé primaires, l’aide à l’éducation et les programmes de protection, notamment contre les violences faites aux femmes et aux enfants. L’insécurité complique encore l’acheminement de l’aide, certaines zones n’étant accessibles que par voie maritime ou aérienne.
En 2025 déjà, seuls 24 % des fonds demandés avaient été versés. Concurrence d’autres crises, fatigue des donateurs : Haïti reste l’une des urgences les moins financées au monde.
Pour les humanitaires, l’enjeu dépasse l’assistance immédiate. Sans soutien massif, préviennent-ils, l’instabilité pourrait alimenter migrations irrégulières et tensions régionales. « Garder l’espoir vivant pour les jeunes générations » n’est plus un slogan : c’est une course contre le temps.

