Le 15 avril 1941, l’Assemblée nationale d’Haïti a élu Antoine Louis Léocardie Élie Lescot à la présidence de la République pour un mandat de cinq ans. Ancien ministre et ambassadeur à Ciudad Trujillo puis à Washington, il a succédé à Sténio Vincent dans un contexte de transition marqué par le retrait de ce dernier sous la pression diplomatique et populaire.
Le scrutin, organisé au Palais Législatif à Port-au-Prince, a vu Lescot obtenir cinquante-six voix sur les cinquante-huit parlementaires présents, tandis que son principal concurrent, le sénateur Jean Price-Mars, n’en a recueilli que deux.
Investi le 15 mai 1941, son administration a déclaré la guerre à l’Allemagne nazie, l’Italie er le Japon dès décembre 1941. Sur le plan intérieur, son régime a favorisé l’élite mulâtre et mené une campagne « anti-superstition » contre le vaudou avec le soutien de l’Église catholique. Bien qu’il ait initialement bénéficié du financement du dictateur dominicain Rafael Trujillo, Lescot s’est ensuite opposé à lui, provoquant des tensions bilatérales.
Son mandat a pris fin prématurément lors de la révolution de janvier 1946, déclenchée par des grèves d’étudiants et d’intellectuels. Renversé par un coup d’État militaire en janvier 1946, il a été contraint à l’exil. Élie Lescot est décédé à Laboule en1974.

