Dans le Bas Nord-Ouest, une dynamique nouvelle semble prendre forme autour de la valorisation des traditions culturelles. Parmi elles, le rara, expression authentique de l’âme populaire haïtienne, retrouve une place de choix dans l’espace public. Ce renouveau n’est pas le fruit du hasard, mais s’inscrit dans une volonté politique émergente, inspirée notamment par l’initiative du sénateur Beauplan.
En lançant des concours de rara, Beauplan n’a pas seulement proposé un événement festif : il a ouvert une voie. Une voie où la culture devient un levier d’engagement, d’identité et de cohésion sociale. Aujourd’hui, d’autres acteurs politiques en devenir s’inscrivent dans cette démarche, comprenant que le développement d’un territoire ne peut se concevoir sans la reconnaissance et la promotion de ses racines culturelles.
Ces concours, au-delà de leur aspect compétitif, offrent une tribune aux groupes locaux, valorisent des talents souvent ignorés et renforcent le sentiment d’appartenance des communautés. Ils participent également à la transmission intergénérationnelle d’un patrimoine immatériel riche, trop longtemps marginalisé.
Cependant, cette tendance soulève aussi des interrogations. La culture peut-elle être utilisée comme un simple outil de visibilité politique ? Ou assistons-nous réellement à une prise de conscience durable de son importance dans le développement local ? La réponse dépendra de la sincérité et de la pérennité des actions entreprises.
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : Beauplan a fait école. En remettant le rara au cœur des préoccupations publiques, il a impulsé un mouvement que d’autres s’approprient aujourd’hui. Reste à espérer que cette émulation dépasse les intérêts individuels pour s’inscrire dans une vision collective, où la culture devient un pilier du progrès et de la dignité du Bas Nord-Ouest.
Rodrigue Dorvil Duverna

