Des centaines d’habitants ont paralysé mercredi la ville de Jacmel pour dénoncer la recrudescence de la violence des gangs, après des attaques meurtrières survenues à Seguin ayant fait au moins huit morts et provoqué le déplacement de milliers de personnes.
Les manifestations ont débuté tôt dans la matinée, touchant plusieurs quartiers et entraînant la fermeture d’écoles, de commerces et d’administrations publiques. Les protestataires ont appelé à une intervention urgente des autorités policières et judiciaires pour reprendre le contrôle de la zone.
Selon les autorités locales et la Protection civile, des hommes armés ont attaqué Seguin lundi et mardi, incendiant un sous-commissariat et détruisant des véhicules de police. Plus de 4 000 personnes ont fui leurs domiciles, alimentant les craintes d’une extension de la violence à l’ensemble du département du Sud-Est.
« Le Sud-Est ne deviendra pas un territoire perdu », a déclaré un manifestant, appelant à un renforcement rapide des forces de l’ordre. D’autres participants ont dénoncé une « insécurité orchestrée » et exigé des comptes des responsables locaux.
Plusieurs voix ont également réclamé la démission de la directrice départementale de la police, accusée de ne pas avoir anticipé ni contenu l’attaque.
Les habitants redoutent que Jacmel ne subisse le même sort que Martissant, zone de Port-au-Prince largement contrôlée par des groupes armés ces dernières années.

