Au début des années 1960, François Duvalier démantèle méthodiquement l’influence des Forces Armées d’Haïti, leur opposant les miliciens VSN — les Tontons Macoutes — comme force parallèle et loyale. Face à cette marginalisation, un groupe d’officiers de l’état-major, dirigé par le colonel Lionel Honorat, prépare un renversement du dictateur.
Le 10 avril 1963, le plan échoue. Le lieutenant Jean Valmé et le major Edner Nelson alertent la police politique avant que le complot ne se déclenche. Honorat trouve refuge à l’ambassade du Brésil. Le colonel Charles Turnier, lui, est arrêté et conduit aux Casernes Dessalines, où il est abattu dans la cour — officiellement lors d’une tentative d’évasion.
La répression est immédiate : soixante-douze officiers sont licenciés. Plusieurs disparaissent à Fort-Dimanche ou sont exécutés. Ce n’est pas la première fois ; après l’affaire Pasquet en 1958, le régime avait déjà purgé l’armée de la même façon.
Le 26 avril, l’affaire Barbot relance les arrestations. Les officiers soupçonnés de liens avec l’ancien chef des milices sont visés. Le 8 juin 1967, dix-neuf d’entre eux sont fusillés à Fort-Dimanche. En avril 1970, la mutinerie du colonel Octave Cayard est le dernier soulèvement militaire notable contre Duvalier.

