Le 26 avril 1963, Clément Barbot orchestra un attentat contre le véhicule des enfants du président François Duvalier devant le Collège Bird. En représailles, le régime cibla le lieutenant François Benoît, qui parvint à se réfugier dans une ambassade avant de partir en exil. Les miliciens du pouvoir exterminèrent alors des familles entières, notamment les familles Benoît et Édeline, et incarcérèrent de nombreux civils au Fort Dimanche, marquant l’un des épisodes les plus violents de la dictature.
Vingt-trois ans plus tard, le 26 avril 1986, François Benoît, revenu d’exil, organisa une marche commémorative en hommage à ces victimes. Le cortège partit de l’église du Sacré-Cœur de Turgeau pour rejoindre les ruines du Fort Dimanche, à Chancerelles, qui servait alors d’arsenal militaire sous l’autorité du Conseil National de Gouvernement (CNG). La foule, composée de milliers de personnes portant des portraits de disparus, atteignit le site vers 1:00 PM.
Des militaires postés dans l’arsenal, agissant sous l’autorité de leur commandant, ouvrirent le feu sur les manifestants. Cette intervention armée provoqua la mort de onze personnes, dont les corps furent transportés vers la fosse commune de Titanyen sans funérailles officielles. Cet événement souligna la persistance des structures de répression malgré la chute du régime duvaliériste. En 2015, l’État haïtien officialisa par décret la date du 26 avril comme la Journée nationale des victimes de la dictature.

