Les chefs des agences de l’ONU pour les droits de l’homme et les réfugiés ont appelé jeudi la communauté internationale à s’abstenir de renvoyer les Haïtiens dans leur pays, en proie à une crise humanitaire et sécuritaire extrême.
«Compte tenu de cette situation très préoccupante, j’appelle tous les États à être solidaires d’Haïti et je les exhorte à ne pas renvoyer les Haïtiens dans un pays extrêmement fragile», a déclaré le Haut-Commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi, dans un communiqué.
«Il est clair que les violations systématiques des droits en Haïti ne permettent pas actuellement le retour sûr, digne et durable des Haïtiens dans le pays», a affirmé pour sa part le chef des droits de l’Homme Volker Türk dans un communiqué séparé.
L’Autrichien, qui a occupé de 2015 à 2019 le poste de Haut-Commissaire assistant chargé de la protection au sein de l’agence de l’ONU pour les réfugiés, a également encouragé «les gouvernements de la région à veiller à ce que tous les Haïtiens aient accès à un statut juridique, à une protection et à des services de soutien, quelles que soient les raisons pour lesquelles ils quittent leur pays».
En juin 2022, il y avait 147 558 demandeurs d’asile originaires d’Haïti dans le monde, selon le HCR. L’organisation a constaté «une augmentation des mouvements maritimes dans toute la région depuis le début de l’année» même si, en raison des ouragans qui ont frappé la zone ces deux derniers mois, le nombre d’arrivées par voie maritime a ralenti, a indiqué à l’AFP une porte-parole Olga Sarrado.
«La plupart des Haïtiens voyagent via les îles Turques-et-Caïques ou les Bahamas vers les États-Unis et, dans une moindre mesure, via les Caraïbes orientales et la Guyane vers le Chili et le Brésil», a-t-elle précisé.
TVA Nouvelles

