Traitement du VIH en Haïti :progrès, Obstacles, et Stigmatisation persistant
À l’approche du 1er décembre, Journée mondiale de la lutte contre le Sida, les témoignages de personnes vivant avec le virus en Haïti révèlent une réalité complexe, mettant en lumière des avancées, des défis persistants, des obstacles et la stigmatisation persistante. Les autorités étatiques semblent être en retrait dans le soutien aux patients, exacerbant les difficultés dans la prise en charge des Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH).
Le Foyer national des positifs du VIH/SIDA (FONAPOVIH), organisation travaillant avec des personnes séropositives en Haïti, souligne un combat ardu pour faire respecter les droits de cette catégorie marginalisée. D’après Daphné Delva, militante et porte-parole de FONAPOVIH, les PVVIH sont largement négligés par l’État haïtien, qui accorde peu d’importance à leur existence, ne fournissant aucun accompagnement significatif.
Cependant, des lueurs d’espoir émanent de certaines organisations et institutions internationales. Grâce à des partenariats avec l’ONU/SIDA, le Fonds mondial, le PEPFAR, l’Institution Georgetown, le FOSREF, et le GHESKIO, les PVVIH ont accès gratuitement aux médicaments nécessaires.
Malgré ces avancées, la quête de soins appropriés, la nécessité d’un régime alimentaire équilibré, et le bien-être de l’entourage restent des préoccupations majeures pour les PVVIH. La situation est exacerbée par l’insécurité à Port-au-Prince et dans d’autres régions, où les PVVIH sont de plus en plus exposés à la violence armée, aux conflits armés, aux kidnappings, et aux assassinats en série.
Le manque de réaction des pouvoirs successifs face aux conditions de vie difficiles des victimes du VIH/SIDA est pointé du doigt par Daphné Delva. De nombreux patients ayant fui leurs maisons rencontrent des difficultés à suivre correctement leur traitement en raison de l’inconfort des sites d’accueil et des stéréotypes entourant la maladie en Haïti.
Malheureusement, la stigmatisation et la discrimination demeurent des obstacles majeurs à la lutte contre le VIH en Haïti. La coordonnatrice du FONAPOVIH plaide pour une sensibilisation accrue du Ministère de la Santé Publique pour combattre ces préjugés et garantir protection et soutien aux victimes.
Face à ces défis, Daphné Delva encourage les patients à respecter scrupuleusement les consignes médicales pour atteindre le principe « zéro transmission ». Elle souligne également que la lutte pour le respect des droits des PVVIH en Haïti est un chantier difficile, nécessitant une mobilisation continue.
En parallèle, les freins à l’accompagnement des infectés du SIDA sont attribuables au manque de programme public, à la compréhension limitée de la société sur l’évolution de la maladie. Daphné Delva rassure les patients en soulignant que le VIH n’est pas une fatalité, mais demande une adhésion rigoureuse aux recommandations médicales.
Elle appelle également à l’organisation d’une marche des PVVIH le 1er décembre à Port-au-Prince pour marquer la Journée mondiale de la lutte contre le SIDA, invitant ainsi à une prise de conscience collective et à une action coordonnée pour surmonter ces défis persistants.

