Haïti et le Kenya ont conclu un accord majeur le vendredi 21 juin 2024 à Washington, officialisant le déploiement imminent de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en Haïti. L’accord, signé par Gandy Thomas, remplaçant de Léon Charles à l’OEA, et Lazarus O. Amayo, ambassadeur du Kenya aux États-Unis, reflète un « engagement significatif pour la sécurité et la stabilité d’Haïti ». Le Status of Forces Agreement (SOFA), nécessaire au déploiement de cette force multinationale, a été établi sous l’égide de l’OEA, confirmant la volonté collective des nations participantes.
Cristobal Dupouy, représentant spécial du secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA) en Haïti, a souligné l’importance de cet accord pour accélérer le déploiement de la MMAS, malgré les préoccupations soulevées quant à l’impact des immunités sur la responsabilité du personnel de la mission.
Répression brutale
En parallèle, au Kenya, une vague de manifestations violentes a éclaté en réaction à des hausses fiscales contenues dans le projet de loi de finances 2024. Les protestations ont déjà fait deux morts et plus de 200 blessés, selon les autorités sanitaires. Les forces de l’ordre sont accusées d’avoir fait un usage excessif de la force, suscitant des appels à la démission du chef de la police et d’autres responsables.
Kalonzo Musyoka, un haut responsable de l’opposition, a exigé la démission immédiate du chef de la police et d’autres hauts responsables pour avoir « échoué à protéger les manifestants pacifiques ». Les médias sociaux au Kenya ont également amplifié ces demandes, tout en critiquant la répression violente des manifestations par la police.
Les protestations, principalement menées par des jeunes, expriment une colère croissante contre les hausses de taxes proposées sur les biens et services essentiels. Les manifestations ont également touché des journalistes qui ont été blessés en couvrant les événements, soulignant les dangers auxquels sont confrontés ceux qui documentent les mouvements sociaux dans le pays.
En réponse aux critiques, des organisations de défense des droits humains ont condamné l’usage excessif de la force par la police et ont appelé à une enquête indépendante sur les décès et les blessures survenus lors des manifestations.
Malgré l’opposition publique et les protestations, le parlement du Kenya a adopté le projet de loi de finances 2024, qui prévoit des hausses d’impôts destinées à générer plus de 2,7 milliards de dollars pour le budget ambitieux du gouvernement pour l’année fiscale 2024-2025, évalué à 4,2 billions de shillings kényans (environ 30,6 milliards de dollars américains).
Les organisateurs ont annoncé de nouvelles manifestations pour mardi prochain, visant à occuper le parlement et à paralyser le centre-ville, dans une tentative de faire pression supplémentaire sur le gouvernement pour revoir les décisions fiscales controversées.

