Quelques centaines d’officiers, armes à la main, ont débarqué d’un vol Kenya Airways à l’aéroport international de la capitale haïtienne, ce mardi matin, accueillis par une petite foule composée principalement de personnel aéroportuaire.
Cette mission, soutenue par l’ONU, répond à une demande urgente d’aide formulée par Haïti il y a près de deux ans pour faire face à une recrudescence de la violence des gangs. Le Kenya s’est porté volontaire en juillet dernier pour diriger cette force internationale, mais le déploiement a été retardé à plusieurs reprises en raison de contestations juridiques et de la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays.
Un défi colossal
Les policiers kényans font face à une tâche titanesque. Les gangs contrôlent actuellement 80% de la capitale haïtienne et ont forcé plus de 580 000 personnes à fuir leurs foyers à travers le pays. La violence a atteint son paroxysme il y a quatre mois, lorsque ces groupes armés ont lancé des attaques coordonnées contre des infrastructures gouvernementales clés, s’emparant de plus de 25 postes de police et libérant plus de 4 000 détenus des deux plus grandes prisons du pays.
Bien que de nombreux Haïtiens accueillent favorablement l’arrivée de cette force internationale, certains restent prudents, se souvenant des controverses qui ont entaché la précédente mission de maintien de la paix de l’ONU entre 2004 et 2017. Les experts appellent à la transparence concernant les règles d’engagement et la stratégie opérationnelle de cette nouvelle mission.

