Depuis mars, plus de 300 000 enfants ont été déplacés à l’intérieur de Haïti, marquant une augmentation de 60 % des déplacements internes, équivalant à un enfant déplacé chaque minute. Les estimations actuelles indiquent que sur les 600 000 personnes déplacées, plus de la moitié sont des enfants. La directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, souligne l’urgence de la situation : « Les enfants à Haïti continuent de faire face à une multitude de dangers, notamment à des violences terribles et à des niveaux critiques de déplacement. Les enfants sont les premières victimes de cette crise humanitaire qui se déroule sous nos yeux. »
Les enfants déplacés sont particulièrement vulnérables à la violence, à l’exploitation et aux abus sexuels. De plus, leur accès à des services essentiels comme les soins de santé, l’eau potable et l’assainissement est fréquemment interrompu. Les conditions de vie dans les abris de fortune, souvent insalubres, augmentent les risques de maladies, notamment le choléra. Les fermetures d’écoles et les difficultés économiques obligent de nombreux enfants à abandonner leur scolarité, exposant un nombre croissant d’entre eux à la nécessité de rejoindre les gangs pour survivre.
Les défis persistants et l’urgence humanitaire
La situation à Port-au-Prince, où les gangs contrôlent une grande partie de la ville, est particulièrement préoccupante. Depuis fin février, une série d’attaques coordonnées a entraîné une escalade de la violence, aboutissant à la démission du Premier ministre Ariel Henry en avril. Le contrôle des gangs sur la capitale et les routes principales entrave l’accès à l’aide humanitaire, exacerbant la crise alimentaire et sanitaire.
En réponse à cette situation désespérée, des centaines de Kenyans ont été déployés pour aider à rétablir l’ordre, bien que cette intervention ait été accueillie avec des réactions mitigées en raison des antécédents de missions de maintien de la paix en Haïti. Les États-Unis ont également réaffirmé leur soutien, soulignant l’importance des mécanismes de responsabilité et de supervision.
L’arrivée imminente de la saison des cyclones ajoute une couche de complexité à une situation déjà précaire. Une surveillance des tempêtes tropicales est en vigueur pour la côte sud de Haïti alors que l’ouragan Beryl approche des Caraïbes, menaçant d’aggraver encore plus les conditions de vie des personnes déplacées.
Face à ces multiples crises, l’appel de l’UNICEF pour un soutien international accru est plus urgent que jamais. « Les besoins ne cessent de croître à Haïti, de même que les dangers pesant sur les enfants. Tout le monde a un rôle à jouer pour mettre un terme à cette situation et permettre aux enfants de reprendre le chemin de l’école, d’être en sécurité et d’avoir accès aux services de base. Les enfants ne doivent pas payer de leur vie et de leur avenir une crise générée par les adultes », conclut Catherine Russell.

