Depuis le 18 juillet, la commune de Gressier, est le théâtre d’affrontements violents opposant les forces de l’ordre à des groupes armés. Cette situation a rapidement dégénéré, transformant la localité en zone de conflit et provoquant l’exode de nombreux habitants.
Face à cette menace croissante, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a mis en place un dispositif exceptionnel. Les Unités départementales de maintien de l’ordre (Udmo) des Nippes, du Sud et du Sud-est, ainsi que les unités spécialisées Swat et Antigang, ont été déployées sur le terrain. Ces forces opèrent en rotation continue, 24 heures sur 24, menant des actions aussi bien de jour que de nuit.
Jean Vladimir Bertrand, agent exécutif intérimaire de Gressier, a déclaré qu’au moins 70 bandits avaient été « mortellement blessés » lors de ces opérations. La situation était telle que les autorités locales ont dû prendre des mesures exceptionnelles. « Les cadavres étaient tellement nombreux que la Mairie de Gressier était obligée de creuser une fosse commune pour jeter les corps sans vie des bandits », a précisé M. Bertrand.
Mobilisation populaire et opérations « Bwa Kale »
La population locale s’est également impliquée dans la lutte contre les criminels. Dans la section communale de Petit Boucan, limitrophe du centre-ville de Gressier, les habitants ont lancé une opération « Bwa Kale » contre six bandits qui tentaient de fuir après avoir été blessés lors d’échanges de tirs avec la police. Cette initiative populaire s’inscrit dans un mouvement plus large de résistance contre les gangs.
L’agent exécutif intérimaire a confirmé que plusieurs sections communales, dont Morne-à-Bateau et Morne-à-Chandelle, ont été totalement désertées par leurs habitants en raison des violences. Les maisons de policiers ont été particulièrement ciblées par les bandits, qui ont également incendié et pillé de nombreuses propriétés.
La situation sécuritaire reste précaire à Gressier. La circulation automobile et le transport public sont toujours interdits pour éviter que les civils ne soient victimes de balles perdues. Les autorités locales ont appelé à un renforcement des effectifs policiers et ont même demandé l’intervention de l’armée pour sécuriser durablement la zone.
Trois groupes armés distincts, lourdement équipés et nombreux, opèrent actuellement dans la commune de Gressier, compliquant la tâche des forces de l’ordre. Ces gangs cherchent à prendre le contrôle de la zone pour y installer des péages arbitraires, Gressier étant un point de passage stratégique vers quatre départements du sud du pays.
Les autorités locales ont pris des dispositions pour accueillir éventuellement des membres de la Mission multinationale d’appui à la sécurité, notamment des membres de la Mission multinationale d’appui à la sécurité, notamment des agents kenyans. Des espaces d’hébergement ont été préparés à cet effet.
Malgré les progrès réalisés, des témoins rapportent que des bandits occuperaient encore certains hôtels de plage dans la région. Les forces de l’ordre poursuivent leurs efforts pour reprendre le contrôle total de la situation et permettre le retour des personnes déplacées
s agents kenyans. Des espaces d’hébergement ont été préparés à cet effet.
Malgré les progrès réalisés, des témoins rapportent que des bandits occuperaient encore certains hôtels de plage dans la région. Les forces de l’ordre poursuivent leurs efforts pour reprendre le contrôle total de la situation et permettre le retour des personnes déplacées.

