Dans la nuit du 26 octobre 2024, le couvent des Missionnaires de la Charité, situé au Bas Delmas à Port-au-Prince, a été la cible d’une attaque violente par un groupe armé. Les assaillants, menés par Barbecue, ont d’abord pillé l’établissement fondé par Mère Teresa en 1979, avant d’y mettre le feu.
Selon le témoignage de Sœur Paësie, fondatrice de la Famille de Kizito, transmis par le père Cyprien, missionnaire camillien, le butin du pillage est actuellement revendu sans dissimulation sur le marché proche de l’école San José. Par chance, aucune religieuse n’a été blessée lors de l’attaque, la police leur ayant demandé d’évacuer les lieux en août dernier suite à l’intensification des fusillades dans le quartier.
L’établissement abritait également un foyer pour enfants qui accueillait environ 80 mineurs souffrant de malnutrition, de maladies ou abandonnés. Les religieuses y soignaient notamment des patients atteints de tuberculose, du SIDA, de la typhoïde, du paludisme, du choléra et de pneumonie.
Les religieuses évacuées avant l’attaque
« De nombreuses maisons ont été incendiées. Les habitants ont dû fuir et ont tout perdu », témoigne l’une des sœurs. « Ce conflit dure depuis très longtemps, mais personne ne pensait qu’ils s’en prendraient à la maison des sœurs, car tout le quartier savait à quel point les plus démunis bénéficiaient de leurs services gratuits, particulièrement en matière de soins médicaux. »
Le couvent des Missionnaires de la Charité représentait l’un des rares points d’accès aux soins médicaux pour les habitants les plus vulnérables de Port-au-Prince. Sa destruction s’inscrit dans un contexte d’escalade de la violence dans la capitale, où les gangs armés étendent leur contrôle sur de nombreux quartiers.
Les religieuses, qui poursuivaient l’œuvre initiée par Mère Teresa il y a plus de quatre décennies, se retrouvent aujourd’hui dans l’impossibilité de poursuivre leur mission auprès des plus démunis. Cette attaque prive ainsi des milliers de Haïtiens d’une assistance médicale vitale dans l’une des zones les plus défavorisées du pays.
Les autorités n’ont pour l’instant pas communiqué sur d’éventuelles mesures de protection pour les établissements caritatifs, ni sur les possibilités de reconstruction du couvent. Cette situation souligne la vulnérabilité croissante des organisations humanitaires opérant en Haïti, dans un contexte d’insécurité généralisée.
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