HAÏTI – Un proche du G9 inculpé à Washington pour violation de sanctions américaines
Un homme soupçonné d’avoir joué un rôle central dans le financement d’activités criminelles liées au puissant groupe armé haïtien G9 a été formellement inculpé aux États-Unis pour conspiration en vue de violer la loi américaine sur les sanctions économiques.
Bazile Richardson, alias « Fredo Pam », « Fred Lion » ou encore « Leo Danger », a été mis en accusation par un grand jury fédéral siégeant à Washington, selon un acte d’accusation déposé le 24 juillet 2025 devant la Cour de district des États-Unis pour le district de Columbia.
D’après les éléments de l’enquête, Richardson aurait sciemment conspiré, entre décembre 2020 et janvier 2025, avec des complices situés aux États-Unis, en Haïti et dans d’autres pays, pour contourner les mesures imposées par l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), un pilier du régime américain de sanctions économiques. Cette législation permet notamment de geler les avoirs et d’interdire certaines transactions financières à des entités étrangères jugées hostiles aux intérêts américains.
Selon le ministère de la Justice, Richardson aurait agi en lien avec un ancien officier de la Police nationale haïtienne, présenté comme le fondateur des Forces Révolutionnaires du G9, un conglomérat de gangs lourdement armés opérant en Haïti. Bien que son nom n’apparaisse pas dans la version publique du document judiciaire, les observateurs avertis y voient un lien direct avec Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », figure centrale du G9.
L’acte d’accusation évoque des violations répétées des sanctions par le biais de transferts de fonds, d’achats d’équipements ou de soutiens logistiques interdits par les autorités américaines. Des pseudonymes multiples utilisés par Richardson – « Fredo Pam », « Lepe Blode » – laissent penser à une tentative d’échapper à la surveillance financière internationale.
Un signal fort de Washington
L’inculpation de Richardson intervient dans un contexte de fermeté croissante des États-Unis face à la crise haïtienne. En avril dernier, le président Donald Trump avait annoncé le renforcement des sanctions économiques contre les groupes armés opérant dans la région de Port-au-Prince et leurs bailleurs présumés à l’étranger.
Les autorités américaines affirment vouloir tarir les sources de financement des gangs haïtiens, accusés d’avoir plongé le pays dans une spirale de violence sans précédent. Selon un rapport des Nations Unies publié la semaine dernière, plus de 1 500 personnes ont été tuées entre avril et juin 2025 dans des violences liées aux gangs.
Une première d’une longue série ?
Cette mise en accusation pourrait marquer le début d’une série d’inculpations transnationales visant à démanteler les réseaux financiers de la criminalité organisée haïtienne. Elle démontre également l’importance de la coopération judiciaire entre les États-Unis et d’autres juridictions, dans un contexte où les institutions haïtiennes restent largement paralysées par l’insécurité.
Ni l’ambassade d’Haïti à Washington ni les avocats présumés de Richardson n’ont réagi dans l’immédiat.

