Le gouvernement rwandais a confirmé mardi la signature d’un accord avec les États-Unis pour accueillir jusqu’à 250 migrants expulsés, nouvelle étape dans la vaste politique migratoire menée par l’administration Trump depuis son retour à la Maison-Blanche.
La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a justifié cette décision par l’histoire nationale du Rwanda : « Presque toutes les familles rwandaises ont connu le déplacement. Nos valeurs reposent sur la réintégration et la réhabilitation. » Toutefois, aucune information n’a été fournie sur le calendrier de l’accord, les nationalités des migrants concernés, ni la contrepartie que Kigali recevra.
Selon le gouvernement américain, ces expulsions visent en priorité des personnes en situation irrégulière ou considérées comme des menaces à la sécurité nationale. Pourtant, une analyse de données officielles révèle que 71 % des 60 000 migrants détenus en juin aux États-Unis n’avaient aucun casier judiciaire.
Cette initiative intervient après d’autres accords controversés entre Washington et des pays tiers comme le Soudan du Sud, l’Eswatini ou le Salvador, pays souvent étrangers aux ressortissants qu’ils accueillent. Le cas du Salvador avait suscité une vive indignation, après que des expulsés y ont dénoncé des conditions de détention « proches de l’enfer ».
Le Rwanda, déjà critiqué pour ses atteintes aux droits humains et son soutien présumé au groupe armé M23 en RDC, s’expose ainsi à de nouvelles pressions internationales. En 2024, un accord similaire avec le Royaume-Uni avait été annulé par la Cour suprême britannique, qui estimait que les migrants y couraient un risque réel de mauvais traitements.
À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, cet accord avec Kigali témoigne de la volonté du président Trump de concrétiser sa promesse d’une campagne d’expulsion massive, au prix de graves controverses juridiques et humanitaires.

