Le sous-secrétaire d’État Christopher Landau lors d’un événement de haut niveau sur le soutien à Haïti
À l’ONU, le sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau a appelé, le 22 septembre, à une mobilisation internationale renforcée pour répondre à la crise sécuritaire en Haïti. Saluant le rôle du Kenya dans la Mission multinationale d’appui à la sécurité, il a plaidé pour l’adoption d’une résolution créant une force élargie de répression des gangs, dotée d’un mandat robuste et de ressources accrues, afin de rétablir la stabilité et soutenir le redressement du pays.
Département d’État des États-Unis
Siège de l’ONU, New York
Le 22 septembre 2025
Allocution
Merci beaucoup. Excellences, Mesdames et Messieurs, Haïti se trouve à un tournant. Port-au-Prince est confrontée à une crise sécuritaire croissante, notamment à des gangs qui terrorisent les populations, extorquent les familles et recrutent des enfants désespérés aux fins de commettre des actes horribles pour le compte des chefs de gangs. Je tiens à remercier le président Ruto du Kenya d’avoir organisé cet événement. Le Kenya a fait preuve d’un leadership courageux en dirigeant la Mission multinationale d’appui à la sécurité, et nous lui sommes profondément reconnaissants pour sa volonté d’agir ainsi que pour les sacrifices qu’il a consentis, y compris, comme vous venez de le mentionner, Monsieur le Président, la vie de trois de vos compatriotes.
Mais malgré les contributions du Kenya et des pays qui ont rejoint la MMAS, la mission manque actuellement du mandat et des ressources nécessaires pour faire face à l’ampleur croissante du défi. C’est pourquoi les États-Unis et le Panama ont collaboré avec Haïti pour présenter une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies visant à créer une force plus importante de répression des gangs, dotée d’un mandat plus large, ainsi qu’un Bureau d’appui des Nations unies pour Haïti, qui fournirait le soutien opérationnel et logistique nécessaire à cette force.
Cette initiative répond à l’appel de nos partenaires au Kenya, comme nous venons de l’entendre, et elle bénéficie du soutien total d’Haïti. Les 32 membres de l’Organisation des États américains ont également signé une déclaration conjointe appelant à l’adoption urgente de cette résolution. Il est rare que les 32 membres d’un organisme international s’accordent sur un sujet. À la demande d’Haïti, cette nouvelle force serait composée de plus de 5 500 personnels, soit plus de cinq fois plus que pour la mission MMAS actuelle, et elle opérerait dans le cadre d’un mandat autorisé par le chapitre VII de la Charte des Nations unies. Ce mandat permettrait à la force de cibler les gangs de manière proactive et de rétablir la sécurité en Haïti, tout en veillant à lui octroyer les outils appropriés pour réussir. Les objectifs prévus de la mission comprennent la réduction du contrôle territorial des gangs, la sécurisation des infrastructures critiques et la conduite d’opérations antigangs.
Malheureusement, l’adoption de cette résolution n’est pas encore acquise. Malgré le soutien massif du Conseil de sécurité des Nations unies, certains pourraient encore tenter d’empêcher son adoption ou de ralentir notre riposte alors qu’Haïti en a besoin. Il est temps d’agir, et les États-Unis demandent à tous leurs partenaires de se joindre à eux pour faire pression en faveur de cette résolution cruciale avant que le mandat de la mission MMAS n’expire, le 2 octobre.
La résolution que nous proposons répondrait aux problèmes sécuritaires immédiats d’Haïti, mais nous ne devons pas non plus ignorer le redressement du pays à long terme. L’ère de l’impunité est révolue pour les individus qui encouragent la violence et sapent la stabilité et la gouvernance du pays. Les États-Unis ont déjà pris des mesures décisives pour soutenir le rétablissement de la gouvernance démocratique, mais notre travail n’est pas terminé. Nous invitons d’autres pays à se joindre à ces efforts.
Aujourd’hui, j’annonce que le département d’État prend des mesures supplémentaires pour désigner publiquement deux responsables en raison de leur implication dans d’importantes affaires de corruption pendant leur mandat. Les actions d’Arnel Belizaire, ancien membre de la Chambre des députés haïtienne, et d’Antonio Chéramy, ancien sénateur haïtien, ont dans les deux cas eu un effet déstabilisateur sur les institutions et les processus démocratiques d’Haïti. Notre désignation exclut Belizaire, Chéramy et les membres de leur famille immédiate de toute possibilité d’entrer aux États-Unis.
Le gouvernement des États-Unis continuera de poursuivre sans relâche ceux qui soutiennent les gangs terroristes en procédant à des actes d’accusation, des arrestations, des sanctions, des saisies d’armes et d’autres restrictions en matière d’immigration. Les États-Unis sont depuis longtemps un partenaire et un ami d’Haïti. Cependant, nous ne pouvons pas continuer à porter la majeure partie du fardeau financier lié à la lutte contre la menace qui pèse sur la sécurité du continent. C’est pourquoi nous exhortons tous les États membres de l’ONU à soutenir la création d’une Force de suppression des gangs (FSG) et d’un Bureau d’appui de l’ONU, et à fournir les ressources nécessaires pour stabiliser Haïti.
Cette crise ne peut être ni ignorée ni reportée. Elle exige une action urgente, coordonnée et décisive. Le peuple haïtien ne peut pas attendre.
Je vous remercie. (Applaudissements)

