Nicolas Sarkozy est devenu jeudi le premier ancien président français à être condamné à une peine de prison ferme dans l’affaire du financement présumé libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Le tribunal correctionnel de Paris l’a reconnu coupable « d’association de malfaiteurs » pour avoir laissé ses proches solliciter le régime de Mouammar Kadhafi en quête de fonds occultes. Âgé de 70 ans, l’ex-chef de l’État a écopé de cinq ans de prison, dont trois ferme, et sera convoqué le 13 octobre pour connaître la date de son incarcération.
« La haine n’a donc décidément aucune limite », a réagi un Sarkozy visiblement en colère, clamant son innocence et annonçant qu’il ferait appel. Le parquet national financier a lui aussi interjeté appel. Le jugement, long de 400 pages, n’a toutefois pas établi que l’argent libyen ait effectivement servi à financer la campagne victorieuse de 2007.
Parmi les coaccusés, l’ex-ministre Brice Hortefeux a été condamné à deux ans de prison, Claude Guéant à six ans, et l’intermédiaire Alexandre Djouhri à six ans avec mandat de dépôt. Le trésorier de la campagne, Éric Woerth, a été relaxé.
Déjà condamné dans l’affaire des écoutes et visé par le dossier Bygmalion, Nicolas Sarkozy affronte une série judiciaire sans précédent pour un ancien chef d’État français. S’il devait être incarcéré, il deviendrait le premier président de la Ve République à purger une peine derrière les barreaux.

