(Paris) La France traverse une nouvelle zone de turbulences politiques après la démission du premier ministre Sébastien Lecornu, survenue lundi, seulement 27 jours après son entrée en fonction. L’Élysée a annoncé mercredi soir qu’Emmanuel Macron désignera un nouveau chef de gouvernement « d’ici 48 heures », au terme de consultations menées pour éviter une dissolution de l’Assemblée nationale.
M. Lecornu, missionné pour conduire des « négociations de la dernière chance » avec les forces politiques, a estimé que les conditions étaient réunies pour une nomination rapide, affirmant que « les perspectives de dissolution s’éloignaient ». Sur la chaîne publique France 2, il a toutefois écarté l’idée d’un retour à Matignon, se présentant comme un « moine soldat » ayant « tout essayé ».
La crise se déroule sur fond de vives tensions autour de la réforme des retraites, adoptée en 2023 mais toujours contestée. Une suspension, évoquée par l’ex-première ministre Élisabeth Borne, divise le camp présidentiel entre partisans d’un compromis et défenseurs de l’héritage d’Emmanuel Macron. Le coût budgétaire d’un tel geste, estimé à plusieurs milliards d’euros, alimente les désaccords.
En parallèle, le Rassemblement national réclame une dissolution immédiate. Marine Le Pen a promis de « censurer tous les gouvernements » jusqu’à obtenir des élections anticipées, tandis que Jordan Bardella appelle à « en finir avec les tractations ».
Avec une Assemblée éclatée en trois blocs et une dette publique dépassant 115 % du PIB, le président Macron joue une partie délicate. Sa décision sur la nomination du prochain premier ministre, attendue d’ici deux jours, sera déterminante pour tenter de restaurer la stabilité politique.

