Le colonel Michaël Randrianirina prête serment vendredi comme « président de la refondation de la République de Madagascar », deux jours après la destitution d’Andry Rajoelina et son départ précipité à l’étranger.
Âgé de 51 ans, le militaire rejette toute idée de coup d’État. « On m’a transféré le pouvoir, je ne l’ai pas pris », a-t-il affirmé jeudi, insistant sur la légitimité de sa désignation par la Haute cour constitutionnelle. Dans les rues d’Antananarivo, l’atmosphère est à la fête après des semaines de manifestations massives contre les pénuries d’eau, d’électricité et la corruption.
Le renversement de Rajoelina a été condamné par l’ONU et l’Union africaine, qui réclament un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Le colonel Randrianirina assure toutefois que « Madagascar n’a pas choisi un régime militaire », promettant un gouvernement civil et un dialogue national.
Rajoelina, exfiltré entre le 11 et le 12 octobre, n’a pas commenté publiquement sa fuite. Ironie du sort, il avait lui-même été porté au pouvoir en 2009 après une révolte populaire soutenue par l’armée.

