La République dominicaine fait face à une crise silencieuse qui dépasse les statistiques criminelles : entre 2016 et 2024, 779 féminicides ont laissé 1 072 enfants orphelins, selon une étude publiée par l’Observatoire Politique Dominicain de Funglode.
Pour la seule année 2024, les 73 féminicides recensés ont privé 77 mineurs de leur mère. Dans de nombreux cas, les enfants perdent également leur père : certains agresseurs se suicident, d’autres sont condamnés à de longues peines de prison.
L’étude montre que 89 % des crimes sont des féminicides intimes, commis par un conjoint ou ex-conjoint, souvent dans le foyer familial. En 2024, 38 femmes ont été tuées à domicile. Les armes blanches sont les plus utilisées, devant les armes à feu.
Le rapport dévoile aussi une réalité particulièrement brutale : 88 victimes étaient mineures, dont des fillettes de moins de 13 ans, tuées par asphyxie ou coups par des pères ou beaux-pères.
Au-delà des chiffres, Funglode alerte sur les « victimes invisibles » : les enfants laissés sans soutien et exposés à des traumatismes durables. Les auteurs du rapport appellent à renforcer les dispositifs de prévention, les alertes de proximité et l’éducation à l’égalité.
Lors du débat qui a suivi la présentation, responsables publics et spécialistes ont plaidé pour une coordination accrue entre institutions et une stratégie nationale contre la violence de genre, considérée comme structurelle et persistante.

