Le président américain Donald Trump a reproché dimanche aux dirigeants ukrainiens de ne faire preuve « d’aucune gratitude » envers Washington, au moment où son secrétaire d’État, Marco Rubio, recevait à Genève des négociateurs de Kyiv pour faire avancer son plan de paix en 28 points. Sur Truth Social, M. Trump a affirmé avoir « hérité d’une guerre qui n’aurait jamais dû arriver », tout en dénonçant l’attitude ukrainienne.
Le contenu des discussions reste confidentiel, mais la première version du plan américain, jugée trop favorable à Moscou, avait suscité de vives réticences en Europe et à Kyiv. Elle incluait des concessions territoriales à la Russie, une réduction de l’armée ukrainienne et un renoncement à l’OTAN, en échange de garanties occidentales. Selon le responsable ukrainien Roustem Oumerov, une nouvelle version « reflète déjà la plupart des priorités » de Kyiv.
À Genève, M. Rubio a rencontré le négociateur Andriï Iermak ainsi que des représentants du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne. Les Européens, eux, redoutent d’être marginalisés dans les discussions : plusieurs dirigeants, dont Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron, insistent sur un rôle central de l’UE et sur la nécessité de garanties de sécurité solides.
Alors que l’échéance du 27 novembre approche, le chancelier allemand Friedrich Merz s’est montré « sceptique » quant aux chances de parvenir à un accord. Ankara, de son côté, dit vouloir « tout faire » pour faciliter une issue diplomatique, tandis que Kyiv continue d’affirmer que toute paix doit préserver sa souveraineté et son ancrage européen.

