Bissau s’est réveillée jeudi sous un silence pesant, brisé seulement par le cliquetis des armes. Moins de 24 heures après les tirs qui ont semé la panique autour du palais présidentiel, le général Horta N’Tam, jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de Terre, a été propulsé à la tête d’une transition d’un an. Une investiture expéditive, tenue sous haute sécurité, qui scelle la prise de pouvoir des militaires.
Dans la capitale quadrillée, commerces fermés et rues désertes témoignent d’une population suspendue aux annonces des nouvelles autorités. « La Guinée-Bissau traverse une période très difficile », a déclaré le général N’Tam, promettant de « rétablir l’ordre » et appelant au « concours de tous ». Autour de lui, des soldats lourdement armés renforçaient l’image d’un pays désormais sous contrôle militaire.
Le putsch survient alors que les résultats provisoires des élections du 23 novembre devaient être proclamés jeudi. Le camp du président sortant Umaro Sissoco Embalo et celui de l’opposant Fernando Dias de Costa revendiquaient chacun la victoire, laissant planer la menace d’une crise postélectorale de plus.
La CEDEAO, elle, n’a pas tardé à condamner un coup de force qu’elle juge « dangereux pour la stabilité régionale ». Dans un pays habitué aux ruptures brutales de pouvoir, l’année de transition annoncée commence dans la méfiance et sous la surveillance de baïonnettes.

