C’est au cœur de l’hôtel Montana, ce vendredi 5 décembre, que le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) a officialisé un chantier longtemps attendu : la numérisation progressive de ses services réglementaires et administratifs. Sous le thème « MSPP en route vers des services numériques », la cérémonie a rassemblé le ministre Bertrand Sinal, les cadres centraux et départementaux, ainsi que les acteurs techniques du projet.
L’initiative, pilotée par le Centre d’information et de formation en administration de la santé (CIFAS), promet de transformer le rapport entre citoyens et administration sanitaire. Objectif immédiat : permettre aux usagers d’accéder en ligne à des démarches jusqu’ici centralisées et souvent pénibles, dans un pays où la distance, l’insécurité et la lourdeur bureaucratique freinent l’accès aux services essentiels.
Pour le ministre Sinal, le moment marque un véritable changement de paradigme. « La transformation numérique n’est plus un luxe, mais une nécessité pour garantir transparence, équité et efficacité », a-t-il déclaré. Il voit dans cette réforme un moyen de fluidifier les procédures, d’offrir un service plus juste et de rétablir la confiance envers les institutions sanitaires.
L’assistant-directeur du CIFAS, le Dr Claudy Junior Pierre, n’a pas caché l’ampleur des ambitions. Selon lui, cette modernisation ouvre la voie à une décentralisation réelle : un médecin de Jérémie ou une infirmière de Trou-du-Nord pourra bientôt demander un permis d’exercice sans parcourir des centaines de kilomètres. « Nous posons aujourd’hui la première pierre d’un édifice qui changera la façon dont le MSPP sert le pays », a-t-il insisté.
Au-delà de l’accès aux documents administratifs, le ministère envisage une plateforme où seraient consultables le calendrier vaccinal, la cartographie des hôpitaux régionaux, les campagnes d’information et diverses ressources pour les professionnels de santé.
Un panel animé par le professeur Auguste D’meza et l’expert numérique John Boisguéné est venu élargir la discussion. Si l’intelligence artificielle offre des perspectives prometteuses dans la gestion des données, les intervenants ont rappelé que l’IA doit rester un outil au service de l’humain. Ils ont insisté sur la nécessité d’un cadre légal solide et de mécanismes robustes de cybersécurité pour éviter les dérives.

