Pour la première fois de son histoire, la Coupe du monde de football sera organisée par trois pays – les États-Unis, le Mexique et le Canada – et comptera 48 équipes ainsi que 104 matches. Un format inédit qui promet un tournoi démesuré, mais qui s’inscrit dans un contexte international particulièrement instable.
Le coup d’envoi sera donné le 11 juin au stade Aztèque de Mexico, et la finale se tiendra le 19 juillet dans le New Jersey. Seize enceintes réparties sur quatre fuseaux horaires accueilleront les rencontres, certaines distantes de près de 4 000 kilomètres.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, évoque « 104 Super Bowl » et table sur des retombées de 11 milliards de dollars pour l’instance. Il estime également l’impact économique à environ 30 milliards de dollars pour les États-Unis, où se jouera la majorité des matches.
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche ajoute une dimension politique à l’événement. En pleine célébration des 250 ans de l’indépendance américaine, le président voit ce Mondial comme l’un des temps forts de son mandat.
Cependant, sa politique commerciale agressive envers ses partenaires, ses tensions diplomatiques et ses mesures restrictives en matière d’immigration soulèvent des interrogations. Washington a récemment annoncé le gel des visas pour 75 pays, dont plusieurs qualifiés comme l’Iran, Haïti, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
L’intervention militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran pose aussi la question de la participation de la sélection iranienne, qui doit disputer ses matches du premier tour sur la côte ouest américaine. Le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, a indiqué que l’instance « suivait attentivement l’évolution de la situation ».
Au Mexique, la question sécuritaire demeure sensible. La mort récente d’un chef de cartel lors d’une opération militaire a déclenché une vague de violences dans plusieurs régions, dont Guadalajara, ville hôte de quatre rencontres.
Malgré ces tensions, Gianni Infantino s’est dit « très tranquille » quant au bon déroulement des matches. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a assuré qu’il n’y avait « aucun risque » pour la compétition.
Sur le plan sportif, le tournoi marquera une expansion historique avec 48 équipes, soit 50 % de plus qu’en 2022. Les champions en titre argentins tenteront de conserver leur couronne, tandis que des sélections comme la France, l’Espagne, le Portugal, l’Angleterre, le Brésil ou l’Allemagne figurent parmi les favoris.
Cette inflation du nombre de participants permettra également à de nouvelles nations de découvrir la compétition, à l’image du Cap-Vert, de l’Ouzbékistan ou de Curaçao.
Les six derniers qualifiés seront connus à l’issue des barrages fin mars, ajoutant encore un peu d’incertitude sportive à un tournoi déjà hors normes, où enjeux géopolitiques et ambitions économiques se mêlent étroitement au spectacle du football.

