Environ 30.000 personnes ont fui leur domicile dans la région métropolitaine de Port-au-Prince au cours des dix derniers jours, à la suite d’une nouvelle flambée de violences armées attribuées aux gangs, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.
Les affrontements se sont principalement concentrés à Cité Soleil, l’un des quartiers les plus pauvres et les plus violents de la capitale haïtienne. Des habitants rapportent des incendies criminels, des pillages et des attaques particulièrement brutales contre des civils.
« Ils brûlaient, décapitaient, tiraient, tuaient », témoigne Dorlean Boudin, une habitante de Sarthe ayant fui avec sa famille après l’attaque de son quartier.
De nombreux déplacés disent avoir quitté leur maison précipitamment, sans effets personnels ni ressources financières. Certains affirment vivre depuis plusieurs jours sans nourriture ni accès à l’eau potable.
Le PAM indique avoir distribué une aide alimentaire d’urgence à environ 8.500 personnes récemment déplacées, tandis que plusieurs écoles soutenues par l’agence ont suspendu leurs programmes alimentaires en raison de l’insécurité.
Selon les Nations unies, plus de 1,4 million de personnes sont désormais déplacées à travers le pays sous l’effet des violences armées. Port-au-Prince demeure l’épicentre de la crise, avec jusqu’à 90 % de la ville considérés comme sous influence ou contrôle de groupes criminels.
L’ONU s’inquiète également de l’augmentation du recrutement d’enfants par les gangs, qui représenteraient désormais entre 30 % et 50 % des membres de certains groupes armés.

