L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté mardi une nouvelle déclaration politique visant à accélérer la lutte contre le VIH/sida d’ici à 2030, mais le texte a révélé de profondes divisions diplomatiques, huit pays ayant voté contre malgré un large soutien de la communauté internationale.
La déclaration a été approuvée par 149 États. Les États-Unis, la Russie, Israël, le Burkina Faso, le Burundi, la Corée du Nord, le Niger et le Sénégal s’y sont opposés, tandis que 14 pays se sont abstenus.
Si les États membres partagent l’objectif de renforcer la prévention, le dépistage et l’accès aux traitements, les désaccords ont porté sur des questions liées aux droits humains, au genre, aux droits sexuels et reproductifs, à la propriété intellectuelle et aux transferts de technologies.
Premier contributeur mondial à la lutte contre le VIH, les États-Unis ont défendu leur bilan, affirmant avoir consacré plus de 100 milliards de dollars à cette cause. Washington a toutefois estimé que le texte s’éloignait de son objectif sanitaire en intégrant des dispositions jugées « clivantes », notamment sur le genre, les droits reproductifs, les sanctions économiques et les mécanismes de transfert de technologies pour la production de médicaments.
La Russie a également rejeté le document, dénonçant des références à des « notions scientifiquement douteuses » concernant le genre et des dispositions qu’elle considère comme une ingérence dans les politiques nationales.
À l’inverse, plusieurs délégations, dont celles de l’Union européenne, ont défendu le maintien des références aux populations les plus exposées au VIH, estimant qu’une réponse efficace à l’épidémie doit tenir compte des groupes les plus vulnérables.
Ce vote intervient alors que l’ONUSIDA alerte sur un ralentissement préoccupant de la riposte mondiale. Selon l’organisation, les objectifs fixés pour 2025 n’ont pas été atteints, le financement international accuse un déficit de 3,2 milliards de dollars et le monde n’est plus sur la trajectoire permettant de mettre fin au sida comme menace de santé publique d’ici à 2030.
Malgré son adoption, la déclaration met en évidence les difficultés croissantes du multilatéralisme à dégager un consensus, même sur un enjeu de santé publique qui, pendant plus de deux décennies, avait largement échappé aux clivages géopolitiques.

