Hector Riobé a vingt-trois ans lorsque son père est assassiné le 26 avril 1963, lors des représailles ordonnées par François Duvalier après la tentative d’enlèvement de ses enfants. Contraint de creuser lui-même la tombe paternelle, il décide de prendre les armes contre le régime.
Avec quatre compagnons, il transforme un camion en véhicule blindé en le recouvrant de plaques de tôle. Dans la nuit du 15 au 16 juillet 1963, le groupe attaque le poste militaire de Kenscoff ; un sergent, deux soldats et deux miliciens sont tués, et les assaillants emportent armes et munitions. Riobé se replie ensuite dans une grotte au sommet du Morne Godet, position dominant toute la zone d’approche, et renvoie ses compagnons pour leur éviter des représailles.
Seul, il repousse pendant trois jours les patrouilles de l’armée et des miliciens venus de Port-au-Prince, leur infligeant de lourdes pertes. Le troisième jour, soit le 19 juillet 1963, les militaires amènent sa mère sur les lieux pour obtenir sa reddition. Encerclé et à court de munitions, il met fin à ses jours.
Le régime fait piller la résidence familiale et saisit les biens. Le reste de la famille s’exile et ne rentrera en Haïti qu’en 1986 après le départ de Duvalier.

