Le 21 juillet 1961, une commission présidentielle dirigée par Luckner Cambronne, député de l’Arcahaie et homme de confiance de François Duvalier, pose la première pierre de Duvalierville sur le site de la commune de Cabaret. Le projet vise à ériger une ville moderne calquée sur le modèle de Brasília, inaugurée un an plus tôt au Brésil.
Pour financer la construction, Cambronne met en place une vaste opération de collecte forcée : des prélèvements sont effectués sans préavis sur les salaires de tous les fonctionnaires, et les commerçants comme les simples citoyens qui refusent de contribuer sont menacés. Ce système de racket d’État, géré par le Mouvement de rénovation nationale, contribue à l’enrichissement personnel de Cambronne.
La ville n’est jamais achevée et reste en grande partie à l’état de ruines. Après la chute du régime Duvalier en 1986, la commune retrouve officiellement son nom d’origine, Cabaret.

