Quelques semaines après la chute de Jean-Claude Duvalier, des paysans de Jean-Rabel, organisés au sein des groupements « Tèt Ansanm » et encadrés par une équipe missionnaire, revendiquent l’accès à la terre, à l’eau d’irrigation et au crédit agricole. Leurs revendications les opposent aux grands propriétaires terriens et aux autorités locales. En mai 1986, une trentaine de maisons de paysans sont incendiées. Les tensions s’aggravent au cours des mois suivants.
Le jeudi 23 juillet 1987, une délégation d’environ six cents paysans se dirige vers la quatrième section La Montagne dans une tentative de réconciliation. À leur arrivée, des anciens miliciens, des militaires en civil et des mercenaires tapis en embuscade ouvrent le feu. Les jours suivants, les assaillants traquent les rescapés, brûlent maisons et récoltes, tuent le bétail et poussent des milliers de paysans à fuir. Le bilan varie selon les sources : les commanditaires revendiquent publiquement 1 042 morts sur la TNH, la commission officielle du CNG annonce 225 victimes.
Après février 1991, une quinzaine d’accusés sont condamnés, mais ils sont libérés à la faveur du coup d’État du 30 septembre 1991 et les dossiers d’accusation sont détruits. Arrêtés de nouveau après le retour du président Aristide en 1994, ils retrouvent la liberté après les événements de 2004. À ce jour, aucune condamnation définitive n’a été prononcée.

