Les Nations Unies mettent en garde contre une forme de traite des êtres humains en pleine expansion : l’exploitation de victimes dans des centres d’escroquerie en ligne. À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains, célébrée le 30 juillet, l’ONU souligne que des centaines de milliers de personnes sont recrutées par de fausses offres d’emploi avant d’être contraintes, sous la menace, de participer à des cyberfraudes.
Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), plus de 300 000 personnes seraient retenues dans des centres d’escroquerie en Asie du Sud-Est. Ces réseaux criminels auraient généré entre 18 et 37 milliards de dollars de revenus illicites en 2023. Les victimes, originaires de plus de 80 pays, sont souvent attirées par des promesses d’emplois dans les technologies, le service à la clientèle ou le marketing numérique avant de voir leurs passeports confisqués et d’être soumises à des violences physiques et psychologiques.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, estime que les outils numériques et l’intelligence artificielle accélèrent la prolifération de ces escroqueries. Les personnes exploitées sont fréquemment contraintes de mener des arnaques sentimentales ou de faux placements financiers, puis risquent d’être poursuivies comme délinquants plutôt que reconnues comme victimes.
Face à ce phénomène, les États membres de l’ONU ont adopté en 2026 une définition commune de la traite à des fins de criminalité forcée, reconnaissant que les personnes contraintes de commettre des infractions sous l’effet de l’exploitation doivent être protégées. Les agences onusiennes appellent également à renforcer la coopération internationale et à appliquer la Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité afin de démanteler ces réseaux et d’améliorer la prise en charge des victimes.

